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 Les promesses brisées de l'hiver - Geb et Fenrir

écrivainpoème d'hiver
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Fenrir Egoratos
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Mar 18 Juin - 15:48

La neige crisse sous mes pas, je cache ma peau à la morsure du froid. J'ai envie de me plonger cœur et âme dans une baignoire d'eau brûlante, j'ai envie de voir ma peau fumer, voir la vapeur s'échapper sous forme de voluptés. Mais je n'ai pas le temps de n'abandonner à ce plaisir. J'ai autre chose à accomplir : voir mon père. Le grand, le respecté chef des Invisibles. Enfant, je me targuais d'être son héritier et de pouvoir diriger le clan quand il ne serait plus apte. Quel plus grand honneur que de reprendre le flambeau ? J'avoue, j'ai adoré l'idée de me voir en haut de la pyramide, inconscient de ce que ça signifiait de régner. Je me souviens aussi des visages crispés d'hypocrisie. Après tout, je ne suis qu'un bâtard, mon père a rompu la promesse en épousant une Sans-Pouvoir. Je ne lui en ai jamais voulu. Au contraire, échapper à la consanguinité n'est pas vraiment une mauvaise chose, combien de membres de ma famille étaient fous ou tellement chétif qu'ils mourraient à la moindre brise d'air froid. Je suis solide et j'ai toute ma tête. Que demander de plus ?

Ah oui, être libre.

Être le fils aîné implique de reprendre le flambeau, d'être là pour assurer si le chef ne peut plus effectuer son devoir. J'ai pensé avoir les avantages tout en évitant les inconvénients. Quand on m'a marié à Cassandre, j'ai tapé du poing comme un enfant colérique, pourri gâté et qui se prenait pour un petit roi. Papa avait pu épouser celle qui voulait, pourquoi est-ce que je ne pouvais pas faire de même ? Prendre celle qui ferait battre mon cœur et n'avoir rien à faire des conséquences. Seulement, à l'époque, j'ai manqué de réparti et surtout, de la femme qui me rendrait fou. J'ai tellement espéré que Cassandre parte et claque la porte au nez, ce qu'elle n'a jamais fait. Elle était comme un petit ange doux qui ne voyait le mal nul part. Sa douceur a eu raison de moi et l'adolescent insupportable a fait place au père aimant et prêt à tout pour protéger sa famille. J'étais enfin devenu digne d'être l'héritier après des années compliquées. Mon fils est arrivé vite, mon petit cœur si beau qu'il a fait vibré mon coeur, me faisant pleurer tant l'émotion a été puissante.

J'ai tout promis à Vladimir, absolument tout, de lui donner tout mes biens, de le protéger contre Farouk lui même s'il avait le malheur de s'approcher. Mais ce n'est ni les complots ni les Bêtes qui ont eu raison de Cassandre de Vladimir, simplement la maladie. Une chose si anodine, si banale qu'elle rend la mort encore plus violente, nous rappelant que même si nous possédons des dons exceptionnels que nos lointains ancêtres ne possédaient pas, que la même finalité nous attendait : la mort, pour tous. C'est le seul moment où nous sommes tous égaux.

J'ai tellement voulu mourir pour rejoindre ma famille, me laissant un trou béant dans la poitrine, quand je ferme les yeux, je vois le bébé qu'attendait Cassandre, le visage empli de bonheur, ce ventre si rond mais pas encore assez pour naître. Ma femme voulait absolument une fille, elle avait déjà le nom : Rose. Une fleur qui ne pousse pas sur ces terres gelées, mais si c'était le cas, ce serait la plus belle fleur au monde. Une beauté incommensurable mais qui cache ses épines, prête à se défendre. J'ai hurlé si fort quand on m'a dit que le bébé ne pourrait pas survivre, même si on ouvrait le corps encore chaud de ma femme. Mon dernier espoir se brisant en un millier de morceaux.

Les années ont passé et je suis tombée amoureux d'Eileen, la femme d'Odin, comment ne pas hurler de désespoir ? J'ai la sensation que le sort s'acharne sur moi. J'ai retenu mes sentiments le plus longtemps possible.

Mais désormais, il est temps de rendre des comptes à la famille, je suis veuf depuis plus de dix ans, je n'ai pas d'enfants et je suis l'héritier. Il est temps pour moi de me marier de nouveau et d'avoir une pléthore d'enfants. Sauf que je n'en ai pas envie. Non, je n'ai pas la force de supporter l'espoir d'attendre un autre enfant qui ne verra pas le jour, la mort de ma précédente famille me hante, mon âme est en morceaux, je n'ai plus la force. Je rentre dans la demeure familiale, mon père m'y attend. Je l'embrasse chaleureusement, même si nous sommes en conflit, il reste mon père, celui qui m'a tout appris.

"Où est Maman ? Elle se repose ?"
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Geb Panoratos
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Jeu 20 Juin - 0:45

Les promesses brisées de l'hiver
Fenrir & Geb


La vie jouait parfois de drôles de tours. J'avais appris depuis longtemps qu'elle n'était pas toujours rose et facile. Les blessures, les maladies, le temps lui même semblaient parfois être des ennemis invisibles et imparables. J'essayais pourtant de prendre les choses avec philosophie et je continuais d'avancer. Voir la douleur dans les yeux de mes proches était la chose la plus difficile à supporter, j'aurais tout donné pour qu'ils n'aient jamais à perdre un être cher. Malheureusement, je n'avais pas le pouvoir de préserver ceux que j'aimais, je pouvais simplement regarder impuissant. Les yeux perdus sur le feu brûlant dans l'âtre, je poussais un soupir fataliste. Dernièrement, les choses ne se déroulaient pas exactement comme je l'aurais souhaité. La présence de Freya dans la pièce me fit relever la tête et je lui souris doucement alors qu'elle posait ses lèvres délicates sur ma joue.

"Tu devrais t'occuper les mains, Geb, cela te changerait les idées de te concentrer sur autre chose."

J'esquissais un léger sourire amusé en levant le regard sur elle.

"Et que proposes-tu ?"

Elle haussa l'un de ses sourcils blonds et posa les mains sur ses hanches.

"Tu pourrais sculpter quelque chose. Il y a longtemps que tu n'as rien fait."

Je hochais doucement la tête, c'était vrai que je n'avais pas vraiment eu le temps dernièrement de sculpter. Cela me manquait d'ailleurs mais j'avais beaucoup trop de préoccupations en tête et il n'y avait qu'avec mon épouse que je pouvais partager mes doutes. Elle posa une main sur mon épaule et la pressa doucement.

"Ce n'est pas en ressassant que tu trouveras les solutions à tes problèmes."

Je posais une main sur la sienne et posais la tête contre son bras, profitant de cette étreinte aérienne.

"Je ne sais pas si je fais les bons choix, Freya. Il y a trop d'inconnus. Est-ce réellement judicieux d'envoyer Dimitri à la Citacielle ? Il vient juste de perdre sa femme. J'ai peur qu'il ne trouve pas sa place. Et Fenrir ? Crois-tu que sa douleur disparaîtra un jour ? Il refuse catégoriquement de se remarier. Je ne sais plus quoi faire. Il pourrait être heureux s'il se donnait la chance d'essayer."

Je poussais un profond soupir avant de porter la main de Freya à mes lèvres et d'embrasser tendrement ses doigts.

"Et le retour à la Citacielle est une pression supplémentaire. Il faut que nous trouvions des alliés au sein de la Cour. Je ne fais pas confiance aux Mirages même si j'aimerais pouvoir dire le contraire. Notre seule option reste la Toile. Je suis terrifié à l'idée de faire une erreur qui mettrait le clan en danger. S'il arrivait quoique ce soit à l'un des Invisibles... Je ne me le pardonnerais pas. Le conseil est beaucoup trop confiant et je les encourage dans cette confiance. Et si je me trompais ?"

Je restais inébranlable devant tout un chacun mais avec elle, je pouvais être moi-même, redevenir cet enfant qui doutait de tout et avait peur de tout. Elle acceptait mes faiblesses et mes forces. Elle me caressa la joue et m'embrassa le front avec douceur de façon presque maternelle.

"Geb, c'est inutile de te torturer de la sorte. Tu fais au mieux au vu de la situation. Personne ne te tiendra responsable d'avoir essayé. Tu es un grand chef, tu es sage et raisonné. Tu es juste et bon. Je crois en toi plus que quiconque et je crois en tes choix. Quoiqu'il arrive ne doute pas. Tu auras agit avec toute la clairvoyance possible. Quant à notre fils... laisse le avancer à son rythme, ne le brusque pas trop."

Je poussais un soupir tout en hochant la tête.

"Cela fait tout de même dix ans..."

Elle sourit doucement, ses yeux pétillants légèrement.

"Et si c'était moi ? Te remarierais-tu ?"

Je la fixais choqué.

"C'est totalement différent voyons ! Je suis beaucoup plus âgé et j'ai déjà des héritiers. Il... C'est le futur chef, Freya. Il ne peut pas se permettre de rester passif !"

Elle poussa un soupir.

"Odin t'en donnera."

"Ce n'est pas pareil et tu le sais très bien. Il y a déjà assez de bruits qui courent sur notre famille. Je ne veux pas qu'il souffre davantage. C'est tout."

Son regard brilla d'un éclat de colère alors qu'elle retirait sa main de la mienne.

"Désolée d'être un problème, Geb. Si tu regrettes, il ne fallait pas m'épouser."

"Tu sais très bien que je ne regrette rien, Freya. Si c'était à refaire, j'agirais exactement de la même manière en connaissant les répercussions que cela a eu. Ne m'accuse pas de choses que je n'ai pas dites."

C'était souvent la même chose lorsque nous venions à aborder le sujet Fenrir. Freya sortait les griffes en mère trop protectrice et je me montrais peut-être un peu trop... pragmatique. Elle poussa un soupir en secouant la tête.

"Tu n'en feras qu'à ta tête de toute manière."

Je passais une main lasse sur mon visage alors que Freya se dirigeait vers la porte de la maison.

"Je vais me promener, j'ai besoin d'air."

Elle disparut avant que j'ai pu la retenir ou même lui dire de mettre un manteau. Il faisait froid dehors et elle n'avait qu'une de ses robes légères pour tenue. Comme d'habitude. Je n'aimais pas lorsqu'elle partait ainsi sur une dispute à peine achevée, sur une réconciliation bancale. Je ne sais pas exactement combien de temps passa entre le moment où Freya quitta la maison et le moment où Fenrir entra à l'intérieur. Je l'accueillis avec un sourire radieux et l'enlaçais chaleureusement. J'étais heureux qu'il vienne me voir, ce n'était pas prévu et ses visites se faisaient rares.

"Elle est sortie. Elle sera heureuse de te voir lorsqu'elle va rentrer."

Il n'avait pas besoin de savoir tous les détails et je changeais donc de sujet.

"Je suis content de te voir. Comment vas-tu ? Tu as bonne mine."

Je l'examinais d'un regard affectueux avant de lui indiquer l'un des fauteuils devant la cheminée.

"Joints toi donc à moi et raconte moi ce qui t'amène."

Peut-être avait-il une nouvelle à m'annoncer après tout. L'une de celles que je n'attendais plus.




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♛ J'avais un rêve de la vaste prairie. J'avais un rêve du pâle ciel matinal. J'avais un rêve que nous volions sur des ailes dorées. Et nous étions pareils exactement pareils toi et moi. Suis la voix qui t'appelle chez toi. Suis tes rêves mais souviens-toi toujours de moi. Nous sommes les deux qui font la paire. Nous sommes deux cœurs liés l'un à l'autre. Nous ne ferons qu'un à jamais. Peu importe où tu vas, je serai là à tes côtés.

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Ven 21 Juin - 23:13

Les Promesses Brisées de l'hiver
Geb & Fenrir


"Elle est sortie. Elle sera heureuse de te voir lorsqu'elle va rentrer. Je suis content de te voir. Comment vas-tu ? Tu as bonne mine."


Je regarde au-dehors, par ce temps ? Maman n'a vraiment peur de rien, pas même du froid hivernal. Je suis déçu, le village est petit et je n'ai même pas réussi à la croiser, je pince des lèvres, où a-t-elle pu aller ? J'espère qu'il ne lui a rien arrivé en chemin ... J'ai beau faire mon ours solitaire qui ne s'occupe pas des autres, j'ai à cœur la sécurité de ma mère et de ma sœur. J'ai beau savoir qu'elles savent parfaitement se défendre, j'ai peur pour elles, tellement terrorisé qu'un malheur ne les frappe. J'ai toujours été plus proche d'Isis que d'Odin, nos caractères diamétralement opposés n'arrangeant pas les choses. Et puis Maman ... Elle ne m'a jamais cassé les pieds avec ces histoires de remariage, me soutenant dans le deuil, me laissant me noyer dans mon chagrin le plus total. Laissant mon âme se soigner avec le temps. Elle a compris que je ne pourrais pas me jeter dans les bras d'une nouvelle épouse d'un coup d'un seul, comment le pourrais-je ? Je ne supporterais pas l'idée de tromper Cassandre alors qu'elle est à peine recouverte par la terre, nos deux enfants collés à elle. Freya a toujours voulu respecter ma volonté, celle d'ouvrir une dernière fois la tombe pour que je puisse les enlacer tous les trois dans une étreinte éternelle pendant que les vers nous mangent ensemble. Unis dans la mort à jamais, jusqu'à ce que nous nous transformions en poussière oubliés de tous. L'âme en paix pour toujours.

Mon père m'observe attentivement, le regard illuminé de bonheur, depuis combien de temps n'avais-je pas franchi le seuil de cette maison ? Du moins, de manière calme et cordiale. Un bon bout de temps, je fais un demi-sourire à mon paternel, lui aussi doit apprécier le geste. D'un geste maladroit, empli d'émotion, il m'invite à prendre place dans un des fauteuil se trouvant près de la cheminée, je m'y installe, mal à l'aise, cet endroit a toujours été mon foyer mais depuis les derniers événements, je m'y suis étranger. Je regarde avec attention les murs que j'ai caressés des milliers de fois, la table sur laquelle nous avons mangé. L'âtre devant lequel j'ai joué pendant si longtemps, j'enlève avec délicatesse la poussière qui avait enseveli mes souvenirs, redorant avec délice les moments passés ici, dans cette demeure. Nous avons été si heureux, pourquoi le malheur nous a frappé ? Je pense que nous avons mérité le bonheur après toutes ces épreuves.

Mes yeux se perdent dans les flammes, n'est-ce pas envie et non par devoir que je suis ici ? Ou tout simplement parce que j'avais besoin d'aller dans un endroit rempli de souvenirs chaud et impérissables. J'ai vécu un tout plein d'émotions ici et quoique je dise ou fais, mes pas me ramènent ici, inévitablement. Me ramenant à la maison. Je prends une grande inspiration, rassemblant tout mon courage. Je voudrais être courageux mais ce n'est pas le cas, je voudrais foutre le camp et partir le plus loin possible. Je baisse les yeux sur mes mains qui ne savent pas quoi faire pour s'occuper, je les serre aussi fort que possible, mes jointures devenant aussi blanches qu'un os laissé en plein soleil.

"Écoute Papa ..."


Je déglutis difficilement, essayant en vain de trouver les mots justes mais ces derniers se sont faits la malle, me laissant seul et sans moyen de pouvoir communiquer dignement. J'ai l'impression de redevenir un enfant de cinq ans demandant conseil à mon père, si j'avais trente ans de moins, je me serais jeté corps et âme dans la confidence mais cela est impossible maintenant. Prenant mon courage à deux mains, saisissant la dernière chance de parler ouvertement à mon père.

"Maman est malade, on le sait tous les deux ... et ... je ... ça me tue de la voir faire comme si rien n'était. Elle a toujours été forte, je suis heureux d'être son fils et de l'avoir comme modèle, elle m'inspire chaque jour que Dieu fait ... mais malgré ça ... la maladie reste présente et je ne veux pas être un poids de plus dans sa conscience, elle a besoin de toutes ses forces pour se rétablir."

C'est l'enfant qui parle. Celui qui prie tout ce qui est possible pour qu'on me rende ma mère saine et sauve,belle et flamboyante, cette femme qui n'a pas eu peur de bouter les Invisibles, les expulsant de leur carcan de pureté. Comment a-t-elle fait ? Sans jamais faillir ? En nous élevant à être de bons êtres humains. Mon héros de mon enfance est en train de mourir à petit feu et je ne peux rien faire pour soulager sa peine. Mon cœur saigne rien que d'y penser. Je regarde mon père, il y a si longtemps que je n'avais pas fui son regard, le soutenir est une épreuve insoutenable mais je dois le faire, pour le bien de notre famille.

"Je veux qu'on fasse la paix pour elle, Papa. Je comprends parfaitement que tu veuilles que je me remarie, c'est mon devoir en tant qu'héritier, mais tu dois comprendre que je me lève chaque matin en espérant que Cassandre soit à mes côtés. Je ne peux pas infliger mon deuil à ma nouvelle épouse, ce serait inhumain."


Je ferme les yeux, empêchant les larmes de monter à mes yeux, je veux garder un semblant de dignité, concédant un ultime point, signe de ma bonne volonté.

"Si je dois me marier, c'est uniquement parce qu'Odin n'est pas digne de la fonction, j'aime Isis mais je ne suis pas sûr qu'elle apprécie la charge de chef de clan. Mais par pitié, ne me force pas, ça me tuerait, s'il te plaît Papa."

Pour la première fois depuis une éternité, ma voix vibre différemment, je quitte le son monocorde et lancinant pour un son ampli d'émotion. Je suis prêt à redevenir joyeux et de retourner auprès de mes parents en échange de ma liberté. Je ne peux pas parler d'Eileen pour l'instant, ce n'est pas le moment.
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Dim 14 Juil - 18:22

Les promesses brisées de l'hiver
Fenrir & Geb


Il y avait longtemps que je n'avais pas vu Fenrir aussi calme en ma présence. Il semblait être à la recherche de réponses, j'espérais sincèrement pouvoir les lui apporter. Je n'avais jamais aimé voir mes enfants rongés par le doute et le chagrin. J'aurais voulu pouvoir effacer tous leurs soucis d'un coup de baguette magique et je savais que c'était exactement la même chose pour Freya. Elle qui était si proche de ses enfants et qui prenait toujours leurs défenses même lorsqu'ils ne le méritaient pas. J'attendis donc que mon fils me fasse part de ce qui le tracassait. Je hochais doucement la tête lorsqu'il commença à me parler de sa mère, de sa maladie.

C'était sa force de prétendre que tout allait bien en toutes circonstances. Je l'admirais d'être une femme aussi forte et aussi douce à la fois. Elle ne se plaignait jamais, ne laissait jamais entendre qu'elle souffrait ou qu'elle était fatiguée. Elle était bien plus méritante que moi et sans elle, je n'aurais pas été l'homme que j'étais aujourd'hui. Sans son amour et son soutien, malgré mes erreurs, elle continuait d'être à mes côtés au quotidien et je l'en remerciais chaque jour. Tout comme pour les beaux enfants qu'elle m'avait donné. Je ne pouvais qu'être fier de ce qu'ils étaient devenus même si leur avenir m'inquiétait par moment.

La sollicitude de Fenrir envers sa mère me toucha et je hochais la tête avec un doux sourire teinté d'amertume. J'aurais tout donné pour qu'elle n'ait pas à subir toutes ces épreuves et je savais que nos enfants souffraient également de la savoir affaiblie. Et ce que me demandait Fenrir était totalement impossible. Je comprenais parfaitement ses raisons, je n'osais moi-même imaginer si je perdais Freya et qu'on m'obligeait à me remarier, la souffrance qui serait la mienne serait insoutenable. Mais j'avais également un devoir envers mon peuple et parfois, il fallait savoir mettre de côté ses propres souffrances pour avancer.

Mon fils s'était assez écouté comme cela et il était temps qu'il prenne ses responsabilités comme il devrait le faire. Je ne voulais pas le brusquer mais je ne pouvais pas non plus le laisser se complaire dans son malheur. Je me doutais bien qu'il n'avait pas totalement fait le deuil de sa femme et de ses enfants. Le pourrait-il un jour ? Je n'en avais pas la moindre idée mais le bien du clan, aujourd'hui plus que jamais exigeait qu'il laisse sa douleur de côté et qu'il se consacre à son futur rôle, je ne serais pas immortel et à son âge, j'étais déjà chef de clan. Tout pouvait arriver très vite.

"Je suis navré d'apprendre que tu n'as pas encore réussi à faire ton deuil, même dix ans après. J'aimerais que les choses soient différentes, Fenrir. Réellement."

Je posais sur lui un regard réellement attristé.

"La santé de ta mère est effectivement préoccupante. Je ne sais pas comment elle fait pour garder le sourire au quotidien. Je pense que le fait de te savoir heureux, l'aiderait. Elle vous aime, ton frère, ta sœur, toi et aussi Vladislava et Dimitri. Vous êtes ses enfants que ce soit par le sang ou le cœur. Et ce qui la fait tenir, c'est de vous savoir en bonne santé et heureux. Tu ne l'es pas Fenrir. Nous ne sommes pas aveugles mais nous ne savons pas quoi faire pour t'aider."

Je poussais un soupir las tout en passant une main fatiguée sur mon visage.

"J'ai bêtement cru qu'un nouveau mariage t'aiderait à avancer mais tu as toujours refusé toutes mes propositions. Je ne t'en veux pas. Je comprends. Mais comprend-moi en retour. Je ne suis pas éternel et je veux simplement l'assurance que le clan restera entre de bonnes mains à mon départ."

Mon regard soutint le sien. Odin n'était pas prêt à gérer un tel fardeau. Il était bien trop enfant, trop fier et trop impulsif pour pouvoir prétendre au titre de chef. Isis aurait été parfaite dans ce rôle mais elle n'avait jamais laissé entendre que cela l'intéressait. Et Fenrir et bien... Il était l'aîné. Il n'avait pas vraiment le choix. Tout comme je ne l'avais pas eu il y avait vingt-deux ans. Ce n'était pas un plaisir de régner mais un devoir. Et je voulais que mon aîné comprenne ça. Je voulais qu'il se rende compte de tout ce que cela impliquait.

"Tu es l'aîné Fenrir et c'est à toi qu'incombe la responsabilité de me succéder. Mais pour cela, il te faut une épouse. Tu dis que tu ne veux pas qu'Isis se retrouve à cette place alors fait ce qu'il faut pour que ça n'arrive pas."

Mon regard vrilla le sien peut-être un peu plus durement que ce que j'aurais voulu.

"C'est ton choix, je ne serais plus là pour voir. Mais je veux simplement que tu prennes conscience que demain je peux disparaître. A ton âge, j'étais déjà chef de clan. Ce n'est pas une responsabilité facile. Je sais que je t'en demande beaucoup, je sais que ce n'est pas juste. Mais c'est comme ça. Je n'ai pas eu le choix non plus. Et j'ai eu la chance d'avoir ta mère à mes côtés. Ça n'a pas été facile non plus de la faire accepter mais maintenant regarde la..."

Un sourire tendre et fier à la fois s'étira sur mes lèvres alors que mes yeux se posaient sur le feu devant moi.

"Pour le bien du clan, il est temps que tu te remaries Fenrir. Je ne te demande pas de l'aimer mais... Je pense que Vladislava ferait une bonne épouse. Avec notre retour dans les bonnes grâces de Farouk, il faut que nous nous montrions clairvoyant et intraitable. L'image que nous renvoyons est primordiale. Je sais que ce que je te demande n'est pas simple mais... crois-tu que tu pourrais le faire ? Si ce n'est pour moi au moins pour le bien du clan. Et aussi... cela rassurerait ta mère, j'en suis sûr de voir que tu recommences à vivre ta vie."

Je savais que jouer la carte Freya n'était pas juste de ma part. D'autant que mon épouse n'était pas pour qu'il se remarie s'il n'en avait pas le désir. Mais nous avions clairement dépassé le temps où nous pouvions nous permettre de rester passif. Ce qui s'était passé au musée n'était qu'une preuve de plus que les autres clans n'allaient pas nous laisser en paix et il fallait se montrer intelligent.



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