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 CONNEXIONS COQUILLAGES | ÉRIS

écrivainpoème d'hiver
muse dépeinte sur une toile abîmée
Ève Phonostore
muse dépeinte sur une toile abîmée
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sablécus : 5
au pôle depuis le : 12/06/2019
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labeur : artiste de cirque, vagabonde, déchue, charmeuse de serpent, femme à la peau vipère et au venin caché, ève est de ces gens insignifiants qui savent si bien enjôler les ombres.
masure : tantôt sous la voûte étoilée tantôt à l'abri, elle vit sous la protection du dieu cobra // les derniers voyages l'ont menée à Atlakès, sur les rails de la gare.
les palpitations : adam le géant aux bras de velours, l'acrobate dansant sur les fils. des pulsations irrégulières, parfois feu sûrement misère, des palpitations impossibles.
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Mar 9 Juil - 17:26

connexions coquillages
éris & ève

le phare, sirènium
année 1909


les gosses ont grandit, mais pas elle. ève est restée la petite effrayée par les contes de maman tard le soir, l'étincelle éteinte depuis des millénaires à cause du vent qui soufflait trop fort sur elle. toujours seule, pas d'amis juste un imaginaire pour s'évader quelques instants, tout ça en se faisant peur. sa vie est comme une breloque inutile, dans ce monde mondain aux grandes personnes ève elle n'est qu'un minuscule fantôme et elle a beau appeler à l'aide, seul le triste reflet dans son miroir la regarde. elle sert très fort l'escargot en peluche que papa lui a offert lors de sa dernière visite (il y a sûrement des siècles, cet été là elle l'avait baptisé l'été des adieux). ils s'étaient disputés, maman et lui, elle ne comprenait rien au mystère de l'amour. elle ne se rappelle plus sa barbe grisonnante et ses rides de malice au coin des yeux, elle ne se souvient que des vilaines verrues que maman a partout, elle est laide maman, elle est tellement laide qu'ève n'a pas honte de dire des sottises devant elle. sauf que maman est méchante et qu'elle la frappe en disant écoute chérie alors ève n'a pas le choix, elle court, très vite, trop vite pour cette garce aux jupons satins. elle déchire sa robe mais ne fait pas tomber son escargot, sous ses pieds la pelouse fait grmmmblr, elle dépasse le syndicat, longe le poulailler aux coqs chantants, l'écurie aux poneys fringants, et elle plonge dans sa bulle.

à sirènium ève ne s'est jamais sentie chez elle, tous ces regards qu'on lui jetait, non, pas pour elle ici. il n'y a qu'à un endroit où elle aime bien se rendre, c'est le phare. c'est comme un moulin sauf qu'on voit la mer. forgé depuis bien longtemps par d'étranges australopithèques, elle s'est souvent demandé combien de ciseaux il a fallu pour découper chaque pierre. de là haut on peut observer les lames se briser comme sous le poids d'un fakir, ça la fait rire. elle grimpe sur l'escabeau, fait glisser ses petites mains sur les murs cylindriques de la bâtisse, le calcaire s'effrite déjà. au sommet elle retrouve la lampe qui ne fonctionne jamais (drôle de mécanique usitée, même le magma éclaire mieux). elle pose son escargot en peluche comme s'il était le gardien du phare, elle se sert de l'équerre géante, comme ça, il peut voir loin. elle, elle s'assoit sur le tapis, d'une douceur infinie. elle rit, et ce cristal se répercute sur toutes les parois, vient emplir la maison abandonnée d'un peu de gaieté.

l'ancien gardien est mort l'année dernière. avant elle venait souvent le voir, il lui racontait des histoires étranges sur la façon dont les poulpes se reproduisaient. les persuasifs ont laissé le phare en l'état, ici on trouve de tout. elle a volé tout à l'heure plusieurs sachets de thé, de quoi tenir le temps que l'orage maternel passe. elle les sort de sa poche, ses doigts rencontrent un étrange objet métallique, c'est une bague dérobée à maman la veille. pas étonnant qu'elle soit en colère, elle qui passe son temps à faire la pin-up avec les filles désir de la haute. ève passe l'anneau à son index, à son majeur, son annulaire, mais elle est trop grande alors elle la pose, prend une tasse, fait couler de l'eau chaude, ici il y a tout, vraiment, c'est formidable. elle lave avec du liquide vaisselle une assiette oubliée lors de sa dernière escapade, elle avait mangé quelques beignets chapardés dans la cuisine. les souvenirs de cette échappée tumultueuse la font encore sourire, c'était encore le temps des cerises. alors qu'elle s'installe dans une écharpe bien trop volumineuse pour contempler le ciel nuageux, elle entend la porte grincer en bas. elle se relève, c'est le silence. mais elle se remémore les légendes de maman à propos des lieux abandonnés, et elle prend peur.
qui est là ?
de son perchoir elle peut voir les nouveaux arrivants, et de là où elle est, elle ne voit que la porte en bois bringuebalante, malmenée par les vents. et cette bise qui s'engouffre, ce n'est pas bon signe.

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colombe embrasée à la langue persiffleuse
Éris Phonostore
colombe embrasée à la langue persiffleuse
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labeur : Etudiante encore, car elle a soif, soif de pouvoir, soif de savoir, soif de vie et soif de mort. Elle apprend la politique, usant des mots pour enrober une réalité peu reluisante
masure : Maison banale de pêcheur, elle ne sait pas si elle doit l'encenser ou la détester, car elle représente à la fois ses origines et ce qu'elle veut fuire.
les palpitations : Un royaume à elle, qu'elle administrerait et dirigerait comme bon lui semble, des sujets à ses pieds, craintifs et admiratifs à la fois de cette souveraine si belle et pourtant si terrible.
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Jeu 11 Juil - 11:54

Connexions coquillages
Eris & Eve

Elle a observé le phare un bon moment. Silencieuse, le regard fixe et déterminé, elle a vu arriver la petite. Elle ne connait pas son nom, et n'a pas envie de le connaitre. Elle l'appelle "la petite" par mépris, tant elle semble déconnectée de la réalité, toujours dans son monde avec son escargot en peluche ridicule. Elle semble avoir une bulle indestructible autours d'elle, une bulle faite d'une matière spéciale, rugueuse et piquante à l'extérieur mais douce et moelleuse à l'intérieur. Eris n'a qu'une envie: faire exploser cette bulle, qui soutient et élève la petite, pour la voir suspendue dans les airs, impuissante, voir la peur et la détresse passer sur son visage toujours mélancolique, puis la voir tomber dans les abysses du lac d'acide en un long cri. Eris se délectait déjà de ce plan, si mesquin, si infâme.
Elle s'approcha du phare, féline, se pourléchant déjà les babines, le regard embrasé et enflammé par l'adrénaline pure qui coulait dans ses veines. Cette sensation revenait à chaque fois qu'elle perpétrait un mauvais coup. Elle ouvre la vieille porte en bois verni, lentement, pour éviter le grincement fatal qui emporterait loin l'effet de surprise qu'elle désirait. Elle monte les marches, une à une, le pas feutré et un sourire insolent posé sur ses lèvres charnues. Cependant, elle perçoit comme un mouvement là-haut. Zut, elle se serait faite repérée ? Peu importe, elle bloquait l'unique accès au phare, la seule sortie de secours possible. Elle avait enfermée sa proie, l'évasion était impossible.
Elle regarda le petit nuage de buée qui se formait à chacune de ses expirations. Il était pâle comme sa peau, brûlant comme son cœur et aussi bref qu'un soupir. La beauté et la pureté évanescente de cette matérialisation de l'air et de la vie suspendit le temps pendant une fraction de seconde. Pour la première fois, Eris s'était rendue compte que la beauté simple pouvait exister, sans sophistication, sans apparats. Pour la première fois, elle avait douté. Cette parenthèse de légèreté et de sincérité ne dura pas, elle fut aussi brève que son souffle, qui s'évanouit prestement dans l'air froid. Elle reprit sa marche.
Un pas après l'autre, droite, gauche, droite, gauche, toujours plus haut. Se sachant repérée, elle ne prenait plus de précaution pour être discrète, mais au contraire faisait claquer ses talons sur la pierre centenaire des escaliers pour annoncer l'arriver du malheur cruel. Un léger sourire flottait sur son visage, elle avait retrouvée l'assurance perdue un instant plus tôt, et sa détermination était sans faille. Quelle idiote j'ai été, je me suis laissée distraire un instant, regarde où cela te mène pauvre sotte ! Elle voyait la lumière quand elle regardait le ciel, ça y est, mon objectif est à portée de main ! Elle ne souvenait même plus pourquoi elle en voulait à cette jeune fille, mais une chose était sûre: la haine était ancrée en elle et ne s'éteindrait pas de sitôt. Peut-être étais-ce l'atmosphère générale qu'elle dégageait qui ne lui plaisait pas, un mélange de douceur et d'antipathie, une beauté inaccessible, une rose aux épines hérissées, une puissance refoulée, elle ne savait pas, mais une chose était certaine : elle voyait en cette petite une adversaire, une opposante, silencieuse, certes, mais une opposante tout de même. Elle sentait que cette fille était effacée parce qu'une circonstance extérieure à sa volonté lui pesait, posait sur ses frêles épaules une chape de plomb qui l'écrasait et lui coupait la respiration, l'empêchant de s'exprimer autant qu'elle le souhaiterait.
Ses yeux rougeoyèrent : elle était arrivée en haut de la tour, cet ermitage à l'intérieur duquel la petite s'était réfugiée. Ses pupilles, accoutumées à l'obscurité de l'escalier en colimaçon, fixèrent le petit corps recroquevillé, enroulé sur lui-même. L'escargot était serré contre elle, et ses poings étaient serrés contre son visage. On voyait que des larmes de cristal silencieuses coulaient sur ses joues, dévalaient son menton et s'écrasaient sur la tête de la peluche. Elle avait peur, elle tremblait. Sa victoire était totale.  
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muse dépeinte sur une toile abîmée
Ève Phonostore
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les palpitations : adam le géant aux bras de velours, l'acrobate dansant sur les fils. des pulsations irrégulières, parfois feu sûrement misère, des palpitations impossibles.
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Mer 17 Juil - 22:52

connexions coquillages
éris & ève

les souliers claquent sur les marches en bois, pourries par une éternité spongieuse, simulacres de nécroses. la mousse s'est enracinée au plus profond de l'épiderme boisé, l'écorce est partie depuis des lustres, bouffée par le sel, l'air saturé de l'amer. les souliers claquent, la porte tremble, tremble les mains d'ève. les larmes coulent, vaines, si pures. elle va se faire dévorer et ce sera fini, maman l'a retrouvée, maman va la frapper. elles vont crier mais cette fois elle ne pourra plus s'enfuir. les souliers claquent, son trop familier pour ne pas être reconnu. ce bruit c'est le tambour qui mène à la potence, voilà jusqu'où t'a mené l'insolence. regarde bien ève. regarde de tous tes yeux, regarde. regarde tant qu'il est encore temps.
les pas s'arrêtent, le silence transperce chaque particule élémentaire. lourd, pesant,
délibérément
écrasant.
temps suspendus minutes interminables, les perles lacrymales descendent de ses joues en silence, ses paupières sont closes pour ne pas voir la gifle arrivée, imprimer un bleu violence sur la joue, qui sera maquillé plus tard, quand il lui faudra se montrer. ses doigts serrent son escargot, maman a trouvé leur cachette, c'est bon, c'est fini maintenant. ève va rentrer et elle se fera disputer. peut-être qu'elle la battra ici (comme ça nourrice ne baissera pas les yeux et les servantes cesseront leurs ricanements). ève attend, elle voudrait faire face mais elle est tétanisée, ses yeux ne voient toujours pas la lumière, sa joue la brûle, veut cette putain de gifle qui ne vient pas.
qui
ne
vient pas.
ève ouvre ses prunelles, dehors l'outremer a des accents d'outre-tombe, les nuages s'entrechoquent (trop de violence pour la douceur). le tonnerre roule, dans son coeur et le céleste, les dentelles de sa robe volettent, le vent s'engouffre toujours, la marée remonte. seule ève le sait, que la lune exerce son pouvoir et que bientôt le phare sera encerclé. il faut fermer la porte. c'est alors qu'elle se retourne vers son bourreau. surprise de voir une gamine plus jeune qu'elle, elle doit avoir, quoi, six ans de moins. air de victoire, de dégoût aussi (surtout). ève l'a déjà vue, mesquinerie déguisée sous des mèches couleur ébène. cette peste de la haute sonne faux, pourtant ève sourit. les commissures s'agrandissent, les dernières larmes se délogent, elle a eu si peur, et ce n'est qu'une enfant ! oh si maman savait, elle la frapperait encore plus fort.
ces pensées noires lui rappellent la marée qui monte, vite, la porte, mais elles seront prisonnières. sortir de ce phare maintenant serait la pire des idées, la criée et la jetée doivent être recouvertes, le temps d'y arriver, elles seront déjà noyées. ève ne veut pas mourir, elle a toujours eu peur de se noyer, que son corps soit englouti par la nuit bleutée, ondulante sous la lune. qu'on ne retrouve pas ce débris qu'est son enveloppe charnelle, qu'elle soit à tout jamais oubliée.
c'est là que le prénom de l'enfant noirceur revient. éris.
é r i s.
quatre lettres qui vous
éris
hérissent
maman l'avait présentée à cette petite, cette étoile brillante promise à un destin fulgurant quoique plutôt modeste. bacchus, le frère, d'à peu près son âge, était lui aussi préposé à un héritage intellectuel et matériel conséquent. ève n'avait pas souvent regardé dans leur direction, envahie par le sentiment d'une fin du monde s'ils grandissaient, promesses morbides scellant une lignée sûrement ensanglantée. à certains moments où elle était sur une comète, elle voyait des sourires, et celui de bacchus, encore aujourd'hui, lui a laissé quelques marques sur le coeur. poumon de verre, elle n'a pas osé souffler sur ces attentions. les mondes s'opposaient même au sein d'un clan, ils étaient les fautifs, la branche bâtarde, la lignée honteuse, et même les rubis saphirs émeraudes de maman ne pouvaient pas réparer le monstre, cette ève, cette chose qu'elle avait engendrée. pauvre bête égarée, peau multicolore se confondant avec les couleurs de la mer.
le bruit des vagues réveille sa torpeur. chatouille ses sens, elle regarde éris, calme son sourire, si maman savait...
mais maman n'est pas là sache le,
maman
est loin et la marée monte,
six heures de répit avant la basse, les coquillages prennent le large reviendront tôt demain matin.
elles ne sont que toutes les deux.
l'apogée, l'apothéose, le bout du bout des terres,
seules,
seules.
éris
si je savais que c'était toi
j'ai cru que c'était maman
je reviens, je vais fermer la porte,
sans quoi,
nous serons mortes avant l'aube.

ève pose son escargot, azimuté, sur le cadran. replace le tapis, une boucle, sourit, descend l'escalier, elle entend que ça remue là haut mais ne s'inquiète pas, éris ne pourrait pas tomber ni jeter des choses, la porte est condamnée pour des milliers d'années.
elle ferme celle de l'entrée, caresse le bois, doucement.
la forteresse est imprenable désormais. étanchéité parfaite, même les lames les plus dures ne sauront passer ce rempart (elle espère, elle n'est jamais restée autant de temps dans le phare, surtout de nuit, à marée haute). elle remonte, sourit à éris, à la mine déconfite.
dis dis,
pourquoi tu es ici ?


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colombe embrasée à la langue persiffleuse
Éris Phonostore
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Jeu 18 Juil - 10:48

Connexions coquillages
Eris & Eve

Eris s'est arrêtée, un instant, pour contempler le petit corps. Elle n'a pu s'empêcher de le trouver beau, sincèrement beau, avec ses longs cheveux, dévalant en cascade ses épaules frêles  comme un torrent impétueux, ses yeux, sources d'une rivière de cristal et son corps trop imposant pour elle et qu'elle traine comme un boulet. La petite profite de ce flottement dans son regard pour partir en bas du phare fermer la porte. Elle fait bien, d'ici une heure ou deux, l'eau aurait envahi l'habitacle et ni elle ni sa compagne n'en aurait réchappé. Eris sort soudain de sa torpeur, se remet en mouvement. Elle devrait mettre à profit ce court instant de solitude pour mettre en route son plan diabolique. Elle avait bien vu le premier regard que lui avait lancé la jeune fille, elle y avait lu du mépris. Elle se frottait les mains, tout ce passait comme prévu. La petite remontait les marches, Eris entendait ses petits pieds hésitants monter une marche après l'autre, puis elle entendis le souffle court de la jeune fille.
Eve.
Ce prénom lui était  revenu dans la tête comme un boulet de canon.
Eve.
Trois lettres qui claquent dans sa tête, résonnent contre les parois de son crânes et s'impriment dans sa mémoire.
Elle la voit émerger de la trappe de l'escalier, comme la matérialisation de sa pensée. Elle voit ses lèvres remuer, elle hésite, les mots ont du mal à franchir l'enclos pur et nacré de ses dents. Elle se lance :
Tu ne m'as pas répondu…
Eris la regarde dans les yeux, elle veut lui prouver qu'elle ne la redoute pas, que ses yeux innocents n'ont pas de prise sur elle.
Et  pourquoi je devrais te répondre ?
Les mots ont fusé avant même qu'elle s'en rende compte. Elle les regrette et pourtant ils sont d'une complète sincérité.
Tu devrais me répondre car la mer a trop monté, nous sommes bloquées ici pour la nuit. Quelles que soient tes intentions, je veux les connaitre.
Envies légitimes. Trop préoccupée par son désir de vengeance, Eris en avait oublié que la mer pouvait les rendre toutes deux prisonnières de son piège. Quelle idiote, elle aurait du prendre ce paramètre en compte.
Je suis ici pour te faire connaitre l'enfer.
Cette fois-ci, la réponse était parfaitement calculée et maîtrisée. Elle vit les yeux d'Eve s'agrandir, c'est fou comme elle a des prunelles expressives cette petite ! Eve a peur, cela se voit, ses pupilles folles voltigent d'un coin à l'autre de la pièce, elle cherche désespérément un endroit où se cacher, disparaître, se confondre avec ces murs qui semblent si solides et qui la protègeraient de n'importe quels coups. Eris sent la puissance déferler comme un raz de marée dans ses veines, elle se sent enfin maîtresse, déesse toute puissante apte à dicter les règles du jeu auquel les deux gamines allaient se livrer. Le jeu du chat et de la souris. Un cache-cache aux airs enfantins, aussi terrible que le tonner, aussi inéluctable que la désintégration des atomes radioactifs, aussi inévitable que la mort. Elle se plaça dot à la lumière. Son ombre vint  recouvrir le corps d'Eve, l'envelopper dans les ténèbres. Elle leva le bras. Elle allait y arriver. Elle allait le faire. Elle se sentait incroyablement vivante. Elle abattit le premier poing. Au moment même où il allait percuter la chaire, elle sentit l'épiderme se dérober sous ses doigts. Un éclair passa dans ses yeux. Mais où était donc passée la petite ? Elle tourna lentement le regard. Elle vit le petit corps courant autours de l'ovale de la pièce, drogué à la peur, dopé à l'adrénaline.
Deuxième coup. Encore à côté de la cible, encore. La colère commence à l'envahir, mais pour qui elle se prend cette garce, elle pense pouvoir échapper à Eris ? Foutaise, elle se sait supérieure à Eve, elle se sent forte, elle se sent belle. Elle se sent elle.
Pauvre Eris. Si seulement elle se regardait dans un miroir. Son vrai reflet est loin de la perfection onirique qu'elle imagine. Elle est jeune, elle est faible. Elle n'a pas ce corps, alliage de féminité débordante et de force, qu'elle pense avoir.         
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Jeu 8 Aoû - 19:49

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éris & ève

ève regarde interloquée éris débiter ses paroles aussi tranchantes que l'acier. que son regard. la violence est décuplée dans ses dires, prends garde ève elle pourrait te blesser.
mais tu ne m'as rien demandé, commet veux tu que je te réponde ?
elle sent dans les mots de l'autre une véhémence contre-indiquée. c'n'était pas marqué dans le futur de l'après-midi. puis tout à coup ceux-ci prennent toute leur forme, et avant de sombrer dans la mélodie douceâtre chantée par son ennemie, un éclair de lucidité s'abat sur elle. le pouvoir. éris se sert de leur pouvoir pour l'affoler. l'ombre se fait plus menaçante, il faut se recroqueviller pour absorber les coups. mais hélas pour la furie, ève, ayant six ans de plus, a plus d'expérience et, d'un coup, retrouve tout son sang froid, n'a plus peur, n'aura plus jamais peur de cette rose aux épines encore trop courtes pour frapper. elle esquive les poings, se glisse derrière elle. elle voit combien cette enfant vautour a eu les ailes coupées dès le début et combien elle essaie de s'envoler. dans le monde rouge blessure d'ève les oiseaux ne se sont jamais envolés (s'envoleront jamais). elle a l'habitude des plaies qu'on lui inflige et ce n'est pas éris, bien plus jeune qu'elle, qui lui apprendra. dans le phare, son repère, elle est à son aise. c'est son endroit. alors, ève enserre le petit cou doré. déjà il suffoque. trop facile de faire du mal. pourtant ève serre, serre si fort. le violet commence à apparaître sur le visage de poupée porcelaine, lâche sinon elle va mourir. elle lâche. le corps de l'adversaire s'effondre sur le plancher, prostré.
tu t'crois plus forte éris, pourtant t'es rien. t'es qu'une sale gamine qui vient me chercher des noises. j'suis pas cette petite chose que tu veux écrabouiller. peut-être oui mon sang est moins précieux que le tien mais moi je veux le garder, alors viens pas me faire la morale. ici tu commandes pas. t'es pas chez ta mère. tu réveilles pas ma colère que j'veux garder en moi, parce que ça pourrait mal s'terminer. crocs sont de sortie, les démons reviennent. le noir borde les prunelles d'ève, c'te flot fait de malheurs se déverse sur éris. t'as joué et t'as perdu. j'pourrais te noyer. j'pourrais te tuer, t'as vu, j'ai failli. mais j'ai pas le temps avec tes conneries. moi j'baigne pas dans ces robes et ces soieries qu't'aimes tant, j'reste pas des heures durant à imaginer ma vie mondaine parce qu'on m'en a jamais promis. ou peut-être bien que si mais en tous cas j'vais pas rester sagement dans les jupes de maman à attendre le prince charmant. j'suis pas mademoiselle parfaite. si j'ai peur de ma mère c'est parce qu'elle me frappe, qu'elle me fait mal. j'dis ça à toi pour que tu réfléchisses avant de venir m'achever. t'y arriveras pas. les ongles se plantent dans la joue de la gamine. serrent. trop facile. quand tu reviendras pleurer là bas chez les grands, en disant que j't'ai fait mal, passe le message : je serai loin et j'les emmerde. j'pars retrouver mon père et vivre loin de ces putains de querelles et affaires de cour. j'ai douze ans. j'compte vivre au moins le quintuple si ce n'est plus. le sang perle. ivresse. tes airs hautains, tu sais où tu te les fourres ? dans le cul. poing assène l’œil joliment maquillé. détruit les jolies courbes, bientôt y aura des croûtes. c'est pas en jouant les caïds qu'on devient grande. c'est en se taisant et en écoutant. j'espère qu'un jour on se reverra et que tu seras une grande dame. qu'tu seras la fille de joie du seigneur farouk même. comme ça je saurais que tu te seras trompée. au moins tu te seras fait baiser proprement. crache le venin. dernier coup pour la joie. la différence c'est que j'sais nager et pas toi. suis moi si tu veux. si tu peux. j'irai pas te repêcher si tu te noies.
et ève se relève, la laisse gisante au sol, ouvre la porte, l'eau s'engouffre, elle sort, laisse tout ouvert. l'air est libre.
elle s'en va.
elle s'retournera pas.

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